Randonnée Hautes Fagnes 2011 - Robscilla

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Randonnée dans les Hautes Fagnes  
Novembre 2011
 

Que dire ? Aucun mot ne saurait rendre la beauté de ce lieu. Les Hautes Fagnes, ça ne se raconte pas, ça se vit !
Ainsi donc, j'essaierai seulement de transposer à l'écrit ce que nous y avons vu...mais je crains que cela ne soit pas suffisant...


 
Après deux heures et demie de route, nous arrivons enfin dans les Hautes Fagnes. Le soleil commence à peine à se lever et peint l'horizon de ses premiers rayons. Nous démarrons notre parcours à la baraque Michel. Située au bord d'une grande route, cette auberge semble s'être construit sa propre légende. Selon celle-ci, un certain Michel Schmitz, tailleur de Herbiester, se serait perdu la nuit tombante en Fagne. Égaré, il aurait aperçu au loin les lueurs de Herbiester, et plantant son bâton dans le sol, il se serait juré de s'y installer.

C'est donc de cet endroit que nous partons et prenons la direction du centre nature de Botrange. Quelques mètres à peine suffisent avant de découvrir la lande. Magnifique ! Nous restons bouche bée face à ce spectacle des plus intrigants. Non loin de nous se dresse une croix, plantée dans la terre. Derrière elle, la lande déploie son étrange beauté. Saisissante beauté ! Imaginez-vous les paysages désolés des hauts de Hurlevent de Charlotte Brontë, et vous saurez à quoi ressemblent les Hautes Fagnes.

Des formes tourmentées, des couleurs difficiles à cerner, un froid pénétrant : mystérieux paysages. Nous continuons notre route, tout est gelé. Parfois, des plaques de verglas nous obligent à contourner le sentier afin de pouvoir passer sans glisser, ou s'enfoncer dans la tourbe glacée. La vue est splendide. Les sapins environnants nous rappellent incessamment que les fêtes de Noël approchent, ce qui nous met de bonne humeur. Celle-ci est la bienvenue, car elle réchauffe en partie nos membres raidis, consumés par le froid. Vers 10h30, nous décidons de faire une pause. Nous dénichons une souche d'arbre et nous asseyons dessus. Qu'il est bon de s'arrêter un peu !




Il faut dire que nous nous sommes levés très tôt, qu'il fait très froid, et que nous avons sur nos épaules entre 5 et 10 kilos. Juste derrière nous coule un petit ruisseau, ce qui est pour le moins agréable. Nous mangeons un morceau, et repartons, frais comme des gardons. Nous croisons une dame qui, à l'aide de bâtons de marche, poursuit sa route tant bien que mal.

Quelques minutes plus tard, nous quittons le circuit didactique pour suivre la GR. La grande plaine laisse ici place à un petit sentier forestier. Nous sautons de caillebotis en caillebotis, et nous en sommes bien aises, car la terre est loin d'être meuble. Malheureusement, il arrive bien souvent que ces caillebotis ne soient plus en bon état, et nous sommes donc obligés de fouler le sol. Nous nous enfonçons constamment et nous efforçons de creuser un sillon dans les hautes herbes. Celles-ci entravent notre marche et nous ralentit du même coup.

 
Vers midi, nous décidons de nous arrêter pour manger. D'autres randonneurs passent devant nous et nous souhaitent bon appétit. Le calme de la forêt est revigorant, et le chant du ruisseau à quelques pas de nous, nous berce d'une mélopée à la fois douce et sauvage. Ce moment n'appartient qu'à nous. La nature dans tout ce qu'elle a de plus grand: quel plus beau spectacle que cette vie foisonnant sous nos pieds, au-dessus de notre tête ? Après une courte pause, nous reprenons notre route.




Nous nous perdons dans nos rêveries, manquons de tomber plusieurs fois, et nous amusons de ce paysage si peu ordinaire (si toutefois l'on considère qu'un paysage peut l'être). Puis, le rideau se lève, et c'est avec surprise que nous découvrons les steppes africaines. Elles s'étendent à perte de vue et nous laissent pantois d'admiration. Un tableau naturel aux couleurs chatoyantes, qui viennent titiller notre imagination. L'artiste semble l'avoir peint à l'aide d'un pinceau gelé trempé dans de l'or. L'artiste est généreux, car au milieu de toute cette nature atypique, il y a dessiné toute une traînée de caillebotis. Ceux-là semblent être sortis de terre comme pour inviter les spectateurs à interagir avec elle.


 
Nous traversons donc ce tableau, d'un pas tranquille, appréciant ses décors avec un infini respect. Silencieux, nous avançons, et prenons quelques photos afin d'immortaliser ce moment.  Nous avons l'impression de naviguer sur une mer de feu figée dans la glace. Vite, trop vite, le tableau est admiré et déjà la terre est en vue. C'est avec grand regret que nous quittons cette terre dorée et rejoignons un sentier qui nous conduira tout droit à un carrefour. Une carte se dresse devant nous, et nous essayons tant bien que mal de trouver la bonne direction.

De fait, tout est écrit dans la langue de Goethe, et nous n'y comprenons pas grand-chose. Mais la chance semble nous sourire, puisqu'un petit groupe de personnes nous invite à demander notre chemin...à leur guide ! Quelle aubaine ! Nous nous renseignons donc auprès de lui, et suivons la direction qu'il nous indique. Des vents favorables nous poussent et bientôt nous voici sur le chemin du retour. Et tandis que je ramasse un beau caillou blanc, mon copain me presse l'épaule et me fait comprendre qu'il me faut m'abaisser et ne plus faire de bruit.




Il me montre du doigt un point éloigné, et à ma grande stupéfaction, une biche apparaît dans mon champ de vision. Je n'ose plus bouger, de peur qu'elle ne s'enfuie. Mais je vois mon copain, un rictus sur le visage et je comprends alors que quelque chose ne tourne pas rond. J'ouvre plus grand les yeux, et découvre à grand regret que ce que j'avais pris pour une biche n'était en fait qu'un artéfact. Quelle déception ! Plus tard, sur le chemin, nous croisons d'autres artéfacts d'animaux : sanglier, renard, coq...etc. Personnellement, j'aurais préféré voir leur modèle. Bientôt, nous retrouvons la plaine et ses tourbières que nous avions parcourues tout au début de notre escapade fagneuse.





Tout y est semblable, sauf les couleurs qui semblent moins lumineuses, et le verglas qui commence à peine à se fendiller.


 
Mais la beauté du lieu, elle, ne s'est pas altérée. Nous progressons assez rapidement, car le soir tombe vite sur les Fagnes à cette période de l'année. Des plaques de verglas jonchent le sol, et mon copain préfère les contourner. Moi aussi...la plupart du temps. Sauf que parfois, l'envie me prend de passer tout droit dessus. Je le fais à plusieurs reprises et confiante, je me surprends à ne même plus avoir peur de m'enfoncer dans la tourbe. Mais à être trop sûre de soi, le danger guette et la glace, sous mes pieds, finit par se dérober.



L'une de mes jambes se retrouve prisonnière de la froide tourbière. Mon copain vient m'aider, et c'est avec grande difficulté que j'arrive à me hisser sur le bord, car le poids de mon sac gêne mes mouvements. Ma jambe est glacée, je sens à peine mes orteils. Un peu plus loin, nous retrouvons l'endroit où nous avions fait une pause la première fois. J'en profite pour me déchausser. Ma chaussette est trempée, je l'essore autant que je peux et laisse mon pied prendre l'air et sécher un maximum. Je n'ai pas envie d'attraper une engelure, car rappelons-le, il n'est pas besoin d'être dans l'Arctique pour en attraper. Plus nous nous rapprochons de la Baraque Michel, plus les promeneurs sont nombreux.




Le ciel s'assombrit de plus en plus, il ne faut pas trop traîner. Autrefois, la baraque Michel faisait sonner une cloche par temps de brouillard, ce qui sauvât la vie d'une centaine de personnes au cours du XIXe siècle. Autant dire que l'endroit était dangereux, et bien qu'il le soit moins maintenant, il l'est toujours. Et la cloche ne sonne plus ! Il est 17 h, et nous voilà revenus au parking.





Que dire de plus sur cette journée ? Un merveilleux voyage à travers le monde ! Un décor naturel atypique, mêlant landes désolées et grandes plaines africaines ! Quoi de mieux pour se dépayser qu'un paysage pareil ? Les Hautes-Fagnes, ça vous gagne !





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