Randonnée hivernale hauts plateaux du Vercors janvier 2013 - Robscilla

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Randonnée dans les Hauts Plateaux du Vercors  
Janvier 2013
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Tic-tac… Tic-tac… Le voilà qui court ! Le lapin blanc est en retard comme toujours !

Enfin ! Nous sommes arrivés au pays des merveilles ! Tic-tac… Tic-tac… les flocons sont pléthores et le froid est dehors ! Vite, entrons dans Villard-de-Lans ! Ses routes gelées, ses pentes enneigées, ses maisons givrées où stalactites et stalagmites se rencontrent à l’apogée de leur beauté. Il n’y a plus lieu d’en douter : nous sommes dans le pays de la Reine des neiges ! Après nous être garés sur le parking (gratuit) situé en face de l’office de tourisme, nous empruntons la route menant au charmant petit Hôtel du centre que nous avons réservé quelques jours avant notre départ. De notre fenêtre, nous apercevons quelques aficionados de la luge glisser le long des nombreuses pentes mises à leur disposition. L’ambiance est bonne enfant et nous décidons d’aller faire une petite visite du village. Nous en profitons pour dénicher un petit restaurant sympathique, pas trop cher et qui convienne à nos papilles.

Malheureusement pour nous, beaucoup sont fermés et après plusieurs déceptions, nous commençons sérieusement à envisager de nous régaler de sandwichs achetés à la supérette du coin. Non pas que nous ayons des à priori sur ce genre de repas, seulement nous aurions préféré un petit tête-à-tête dans un restaurant typique de la région.



 
Et justement, nous finissons par en trouver un ! Situé en face du parking où nous étions garés, ce petit restaurant répond à toutes nos attentes : ambiance chaleureuse, murs empierrés, feu de cheminée et pizzas à se damner. Nous passons donc un agréable moment et rentrons le ventre plein et des rêves plein la tête pour le lendemain...




 
Corrençon-en-Vercors, porte d’entrée du royaume des Hauts plateaux du Vercors, nous attend et c’est avec grande hâte que nous rejoignons le parking du Golf  (1125m) où nous pourrons laisser la voiture en toute sécurité. Une fois là-bas, nous enfilons nos raquettes, attelons la pulka, et commençons à suivre la GR 91 en direction du 45e parallèle. Nous passons au lieu-dit du Champ de Bataille (1198m), où nous avons le plaisir de rencontrer une communauté de bonshommes de neige tous plus sympas les uns que les autres et qui nous indique le chemin. Nous longeons les pistes de ski de fond pendant un bon moment avant d’arriver en lisière de forêt. Avant d’y entrer, nous prenons le temps d’admirer la ligne de crêtes du Vercors dominée par les sommets de la Grande et la Petite Moucherolle. Vers le Sud, la tête des chaudières nous salue du haut de ses 2029 mètres. Enfin, nous pénétrons dans la forêt et continuons notre route. Pendant ce laps de temps, nous rencontrons plusieurs groupes de randonneurs avant d’arriver au fameux 45e parallèle nord (1270m). Le chemin n’est pas très difficile à suivre, car les sapins lourds d’une neige abondante s’inclinent de chaque côté de la GR, dessinant un chemin tout prêt à être emprunté. Nous faisons une courte pause, et discutons un peu avec les groupes de randonneurs qui nous entourent. Eux aussi prennent la direction de la Cabane de Carette (refuge non gardé à 1355m).




 
Quelques minutes plus tard, nous reprenons la route. La piste monte légèrement, et après une heure de marche, nous décidons de déjeuner. En effet, la forêt nous garde du vent et nous préférons arrêter avant d’arriver à la Cabane, qui se trouve dans une clairière. Une fois là-bas, nous entrons officiellement dans la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors. Après un passage par un point haut vers 1425 m dans le Bois de Carette, la GR oblique vers l’ouest et descend lentement vers la grande prairie de Darbounouse (1290m). Nous poursuivons donc notre route et une fois arrivés à la plaine, Haut Lieu de la Résistance (nombreux parachutages alliés), nous découvrons de superbes rivages blancs gouvernés par un tétras-lyre, souverain. L’horizon glacial nous invite à pénétrer dans son royaume, mais soudain un flocon plus gros que les autres nous menace d’une voix stridente.

La reine des neiges ! Vite, nous faisons demi-tour ! Nous n’avons pas envie de vivre les mêmes mésaventures que Kay et Gerda ! Nous reprenons la route, cette fois dans le sens inverse. Le soleil commence à décliner et la lumière avec lui. Il ne faut pas tarder et rejoindre au plus vite la Cabane de la Carette. Qu’il est bon de se trouver hors civilisation. On ne se préoccupe plus de rien, on ne pense plus à rien, on regarde, on se laisse porter par la beauté qui nous entoure et que l’on ne voit pas toujours. La Cabane, perchée telle une reine sur son trône, attend patiemment ses sujets.




 
Nous grimpons jusqu’à elle et nous inclinons afin qu’elle nous donne son assentiment. Les portes s’ouvrent et nous voilà dans les plis de Sa Majesté. Une table, deux bancs, un poêle et même quelques bougies ont été mis à notre disposition. Pour un peu l’on se croirait dans le château de la Bête. Mis à part l’absence de couverts et de mets délicieux. Nous nous contenterons donc de nos nouilles achetées un peu plus tôt à un chinois tout droit sorti d’un roman de Jules Verne. Vers 21h30, nous montons à l’étage afin de prendre un peu de repos. Fichtre ! Les lits ne sont pas faits ! Vraiment, notre hôte a pris du retard dans ses dispositions ! Le lapin blanc, sans nul doute ! Heureusement, nous avons des sacs de couchage…qui sont très confortables par ailleurs.


 
Une fois emmitouflés au possible, nous fermons les yeux afin de nous endormir. Malheureusement, la température ne dépassant pas les -20 degrés, nous tremblons plus qu’autre chose. Nos yeux restent fermés, mais à cause du froid qui les empêche de s’ouvrir. La brûlure est trop forte, nous préférons les laisser clos. Vainement, nous prions le marchand de sommeil qu’il vienne déverser sur nous un peu de sa poussière dorée. Vers 2h du matin, une affaire pressante nous oblige à sortir dehors (nous ne dormons toujours pas). A l’extérieur, il fait encore plus froid, mais le ciel semble ignorer ce qui nous fait frissonner. Les étoiles brillent de mille feux et réchauffent le firmament de leur lumière incandescente. C’est un beau spectacle qui s’offre à nos yeux, et malgré le froid, nous prenons le temps d’admirer cette magnifique voûte céleste. Nous saluons Peter Pan et la fée Clochette au passage et retournons nous coucher. Enfin, le sommeil nous gagne. De rêve en rêve, nous continuons notre chemin qui nous ramène irrémédiablement en arrière. Une meute de chiens aboie au loin.



 
 Et plus nous nous rapprochons de Corrençon, plus les aboiements se font nombreux. En effet, au niveau des pistes de ski, nous croisons un rassemblement de skieurs. Les chiens sont là, et il y a même quelques chevaux de trait. Sûrement une compétition de ski de fond ou quelque chose d’approchant.



 
Nous nous arrêtons un instant. La fin est proche. Heureusement, chaque moment passé dans ce royaume des neiges est gravé dans nos mémoires, sinon dans nos cœurs. Il nous faut maintenant regagner les terres du nord. Retrouver nos petites habitudes. Après tout, l’habitude n’est-elle pas une seconde nature ?




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