Randonnée Müllerthal trail octobre 2011 - Robscilla

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Mûllerthal Trail, route 2 : Luxembourg
octobre 2011
Adresse du parking :
1 rue des Moulins, 6425 Mullerthal, Luxembourg.
GPS (49.790738, 6.306305)

Durée du Trail : 1 journée et demie ou 2 jours.


Pour plus d'informations :

 
Départ : Jeudi 13 octobre 2011

 
Lever à 4h00 du matin :

Le réveil est difficile. Mon compagnon et moi-même n’avons pas beaucoup dormi. Mais nous nous souvenons du pourquoi de notre lever et notre humeur se met au beau fixe. Nous vérifions nos sacs : vêtements de pluie, ravitaillement en eau et en nourriture, tente, sacs de couchage, etc. tout y est. En effet, nous décidons de partir avec, sur le dos, une charge de neuf kilos pour moi et de treize kilos pour mon copain, afin de nous habituer au poids que nous devrions avoir cet été pour notre tour du Mont Blanc. Après un bon petit déjeuner et un brin de toilette, nous partons, l’œil fatigué, vers le Luxembourg : il est 5h00 du matin.

 
La route est plus longue que prévu. À la frontière, nous sommes pris dans les bouchons. Nous n’arrivons donc à Mullerthal qu’à 9h30. Il est un peu tard, mais nous ne pouvions prévoir cet imprévu, cela va sans dire.

 
Le ciel est couvert, mais il ne pleut pas. Nous espérons seulement que le soleil percera les nuages dans la journée et que la pluie ne vienne pas à tomber.

 
Nous garons la voiture non loin d’un hôtel et prenons la direction du parcours. Les panneaux de randonnée nous ouvrent la voie vers une magnifique chute d’eau : ce sont les cascades de Mullerthal. Pour y accéder, nous devons traverser un petit pont de bois joliment agencé. Nous prenons quelques photos et remontons vite, car la route que nous devons emprunter ne se trouve pas de ce côté. Nous suivons donc les indications et prenons le bon itinéraire : l’aventure peut commencer!



 
Des formations rocheuses spectaculaires, des couleurs automnales à perte de vue et un temps favorable : que demander de plus ? Nous sommes au comble de la joie, nous nous amusons comme des petits fous. Le paysage est original, différent de ceux que nous connaissons par chez nous. L’on pourrait presque se croire dans le Grand Canyon. Le chemin est très bien indiqué et l’agencement très bien pensé : présence d'escaliers, de bancs...Sauf qu’à un moment, mon copain et moi hésitons entre deux chemins possibles.

L’un part à gauche, l’autre monte le long de la paroi rocheuse. Nous préférons donc sortir la carte plutôt que de nous aventurer dans l’un d’entre eux, au risque de nous perdre ou de devoir revenir sur nos pas. Au même moment, nous croisons un couple d’Allemands qui semblent s’être perdus : ils viennent du sentier situé à notre gauche. Nous entamons la conversation. Apparemment, le chemin qu’ils ont emprunté n’est pas le bon, nous leur montrons donc l’autre passage qu’ils n’avaient pas vu.

Nous rangeons notre carte, il n’y a maintenant plus d’hésitation quant au passage à prendre. Nous les suivons donc, puis continuons notre route. Nous entendons encore le bruit des voitures, nous avons hâte d’entrer plus avant dans la forêt. Le chemin nous conduit plusieurs fois à l’intérieur de grottes aux passages étroits qui nous obligent à enlever notre sac et à le tenir à la main, afin de pouvoir passer.

L’un des passages fait 100 mètres de long : il y fait noir, et nous devons sortir nos lampes. L’aventure est de mise dans ce début de parcours. Il est à la hauteur de nos espérances. C’est un bon entraînement pour qui voudrait se préparer physiquement à un trekking : les montées et les descentes sont ardues et permettent de tester notre endurance.




 
Vers 11h30, nous trouvons un banc et décidons de manger un morceau. Nos estomacs crient famine. Après quelques minutes de pause, nous reprenons la route et traversons la forêt sur des parterres de feuilles mortes. Nous longeons les falaises, et admirons le paysage environnant. L’automne fait ressortir ses plus belles couleurs et peint la nature d’accents superbes. Nous rencontrons à plusieurs reprises des promeneurs et des cueilleurs de champignons.

Cachés dans la végétation luxuriante, ces derniers pointent le bout de leur nez, blancs pour la plupart, rouges à l’occasion. Nous croisons également deux buses planant dans le ciel nuageux. Nous restons cois devant la beauté de leurs cris. Nous ne pensions pas avoir la chance d’en rencontrer, et pourtant elles sont là, chassant dans ce début d'après-midi. Nous continuons notre marche, émus de ce rare spectacle. Un peu plus loin, nous tombons sur une large paroi rocheuse brodée de rainures néolithiques. Nous traversons ensuite une pâture où les vaches broutent l’herbe fraîche en toute liberté.

Nous passons rapidement devant elles, puis rencontrons un petit staphylin, qui à notre approche, ne tarde pas à lever son abdomen, tel un scorpion, en guise d’avertissement. Nous le laissons vaquer à ses occupations et rentrons à nouveau dans la forêt. Nos pieds commencent à réclamer un arrêt : justement, nous remarquons un petit pont s’y prêtant et décidons d’y faire une pause. Nous écoutons le chant des oiseaux, et goûtons l’air pur de la forêt. Les pieds reposés, les épaules délassées et les sens apaisés, nous remettons nos sacs et repartons. Les falaises abruptes s’élèvent autour de nous, forçant notre admiration.

Le vent fait se mouvoir les branches des arbres et donnent au relief des allures de voiles. Plus loin, nous découvrons des croix en bois placées devant une grotte.




 
Nous nous arrêtons, intrigués. Un panneau nous apprend que cette grotte abritait, au XVIIIe siècle, l'ermite Michel. Celui-ci se nourrissait de baies qu'il trouvait dans la forêt, et buvait l'eau des ruisseaux. Quelquefois, les villageois venaient lui apporter de la nourriture. Nous prenons quelques photos afin d'immortaliser cet abri de fortune.

16h00 : Arrivée à Echternach-gare.
Il nous faut nous ravitailler en eau : nous descendons donc la petite montagne afin de gagner la ville d'Echternach. Une fois en bas, nous pénétrons dans les rues luxembourgeoises, plus jolies les unes que les autres. L'architecture est originale, parfois un peu trop lisse, mais le charme opère. Nous nous mettons à la recherche d'une supérette et ô surprise, l'on nous indique la présence d'un supermarché Match.

Nous étions loin de nous douter que nous en trouverions un ici. Nous achetons le nécessaire, et nous accordons même un petit plaisir à coup de biscuits au chocolat. Nous faisons ensuite une petite halte à l’ancienne abbaye d'Echternach. Nous apprenons que celle-ci a été reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, ce qui explique la modernité de sa façade. Une grande partie de ses bâtiments monastiques abrite désormais un lycée, un pensionnat et le bureau de tourisme. Nous regardons une dernière fois autour de nous, et nous préparons à repartir. Il est temps, car la lumière diurne commence déjà à décliner. Nous revenons donc sur nos pas et remontons la petite montagne afin de nous éloigner de la ville.



 
18h30 : Nous décidons d'arrêter là notre périple...du moins pour la nuit. Nous avons effectué un peu plus de la moitié du parcours, et la nuit ne va pas tarder à tomber : il est temps pour nous de monter le camp. Nous avons besoin d'une bonne nuit de sommeil avant de continuer notre expédition. Nous trouvons un endroit tranquille, non loin du chemin. Nous déployons la tente et préparons les sacs de couchage, puis commençons à préparer le repas. Le froid commence à se faire sentir, et rapidement, nous nous retrouvons dans nos sacs de couchage . Là, nous discutons un peu, puis le sommeil venant, nous nous souhaitons bonne nuit de concert.

21h50 : Impossible de dormir. Des avions passent au dessus de nos têtes sans discontinuer, et l'inquiétude est de mise. Nous ne nous sentons pas rassurés. Du coup, nous ne parvenons pas à tomber dans les bras de Morphée. Nous hésitons un moment, puis prenons la décision de lever le camp et de continuer la route de nuit.
22h30 : Nous voilà repartis pour onze kilomètres de marche ! Nous allumons nos lampes dynamo et avançons à tâtons. Il nous faut nous accommoder à l'obscurité. La pleine lune éclaire le ciel de sa lueur spectrale, mais les arbres la filtrent et l'empêchent de parvenir jusqu' à nous. Le hululement des chouettes, la présence de chauve-souris, l'absence de lumière, le bruit de nos pas dans le silence de la nuit suffisent à créer une atmosphère oppressante. Mon copain est à l'aise, ayant déjà fait l'expérience de la nuit. Quant à moi, j'avoue être un plus réticente. À chaque pas, mon coeur bat plus fort. Ne rien voir ne fait qu'accentuer ma peur. Nous frôlons des murailles rocheuses à plusieurs reprises et sommes même obligés de nous aventurer dans un labyrinthe, ce qui de nuit, n'est pas vraiment une mince affaire. Nous traversons beaucoup de passerelles avant de rejoindre Berdorf et ses parois vertigineuses. Encore six kilomètres avant d'arriver à Mullerthal, notre point de départ.

La nuit noire nous fait oublier le temps, et les trois premiers kilomètres semblent franchis rapidement. Il ne nous reste maintenant que la moitié du chemin à parcourir. Après une longue descente, nous tombons sur une route. Aucune voiture, tout est calme. Nous cherchons un panneau nous indiquant la direction à suivre, mais n'en trouvons pas. Il faut se rendre à l'évidence : nous sommes perdus. Vite, nous sortons notre GPS de randonnée qui nous indique un passage plus bas. Celui-ci s'avère être un sentier non praticable à travers un pan de forêt. Mais nous n'avons pas le choix : nous devons avancer.
La traversée est rude : le sol est boueux et un ruisseau plus bas entrave notre progression. Mais après quelques minutes, nous finissons par arriver de l'autre côté. Nous reprenons donc la route et suivons les coordonnées de notre GPS. Nous pensons rentrer bientôt, mais c'était sans compter le fait qu'au lieu d'avancer, nous reculions. Nous ne comprenons pas. Cet endroit nous est familier, et pour cause, nous n'avons fait que retourner sur nos pas ! Nous consultons à nouveau le GPS, qui cette fois, nous indique un autre passage.

Apparemment, ce dernier se trouve juste derrière nous. Nous tentons à nouveau notre chance tout en espérant que cette fois-ci sera la bonne. Fort heureusement, Dame fortune nous sourit ! Après un long moment, nous atteignons enfin une route, qui nous mènera directement à Mullerthal : il est 4h00 du matin. C'est donc la fatigue au corps, mais le sourire aux lèvres que nous repartons de ce petit coin de paradis.

Ce n'est pas un adieu, d'autres routes nous attendent !


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