Randonnée Vosges janvier 2012 - Robscilla

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Randonnée dans les Vosges  
Janvier 2012
 

 
Après une douce nuit passée à l'hôtel, nous prenons la direction du village de Belmont. Nous quittons donc le massif du Hohneck et partons à la conquête du Champ du feu, point culminant des Vosges moyennes. Nous avons hâte d'y être, mais redoutons le mauvais temps. Nous étions partis pour une grande randonnée, mais une fois là-bas, le temps se gâte et nous décidons de la commencer puis de faire demi-tour au moment opportun. Étant donné l'absence de parking dans le village, nous nous élevons par la route de la Hutte et nous garons au terrain de sport. Nous laissons nos raquettes dans la voiture. En effet, la neige n'est pas très abondante ici. Nous redescendons vers l'église du village (classée). Nous jetons un coup d’œil par l'une des fenêtres. Nous n'y voyons pas grand-chose, il fait très sombre à l'intérieur. En tout cas, elle a l'air d'avoir connu son lot d'époques.

Le Champ du feu


 
 
Nous nous engageons ensuite sur le chemin balisé et prenons la mesure de ce qui nous entoure. Après avoir longé quelques bâtisses inhabitées, nous continuons notre chemin et entrons dans un bois. Nous avons l'impression de flotter dans les airs, comme si les arbres et les rochers étaient une sorte de jardin suspendu. À l'orée de ce bois, nous découvrons une vaste plaine. L’Écosse. C'est ce qui nous vient immédiatement à l'esprit. Les hautes herbes courbées par le vent, les montagnes en arrière-plan, le ciel ombragé : tout rappelle ces paysages à la fois sauvages et aériens que l'on trouve sur cette terre chargée d'Histoire. Cette palette verdoyante et mordorée est un enchantement de la nature. Le firmament est à l'orage. Nous sommes obligés d'arrêter là. Et alors que nous sommes sur le point de partir, notre regard se pose sur l'arrière-plan de la toile. Un arbre blanc. Tout en haut, isolé, et blanc. Comme si la neige n'avait voulu rester que sur lui.


Le Champ du feu


 
Nous le voyons telle une lumière dans les ténèbres. Étant une grande fan du Seigneur des anneaux de Tolkien, il me fait tout de suite penser à l'arbre blanc planté dans la cour de la fontaine de Minas Tirith. Symbole de pureté, il est le lien entre le ciel et la terre. En tous cas, c'est magnifique à voir. Maintenant, la pluie commence à tomber et déjà nous repartons (avec grand regret) vers le village de Belmont. Le Champ du feu est un lieu presque magique où chaque foulée devient un pas vers un autre monde.


Le Champ du feu


 
Après avoir passé la nuit sous notre tente, nous nous réveillons, dans le froid et la neige. Nous nous dépêchons de remballer notre équipement, avant que la station ne se réveille complètement. Et alors que nous sommes sur le point de quitter la forêt jouxtant le parking, nous nous rendons compte que nous avons dormi sur un trou d'eau ! Le froid ayant figé son eau dans sa cavité, et la neige l'ayant recouverte, ce petit trou d'eau nous est apparu dans l'obscurité de la nuit comme un nid solide à notre sommeil. Heureusement, la glace s'est révélée aussi solide que nous pensions ce sol stable.

Sur cette pensée, nous regagnons la voiture qui se trouve à seulement quelques mètres de là. Nous prenons un rapide petit déjeuner et nous préparons à partir à la rencontre du massif du Hohneck. C'est une longue route qui nous attend bercée par les lueurs de l'aube.

Notre randonnée commence par nous faire emprunter un vaste sentier enneigé. Ce dernier, tel un ascenseur, nous fait peu à peu quitter le col de la Schlucht et nous fait monter, monter...mais contrairement à l'ascenseur, l'effort est là. Comme il est agréable de marcher, entouré d'une nature si prompte à nous enorgueillir le cœur ! Nous recueillons les embruns de la montagne, lesquels passent au-dessus de nos têtes telles de petits cristaux soufflés par la neige. Une fois en haut, un superbe panorama s'offre à nous.

Le Honeck

 
Aucune trace dans la neige, personne à la ronde. Vierge de tout, le sol, brillant de mille feux, resplendit sous nos pieds. Nous nous arrêtons et prenons quelques photos : le paysage s'y prête. La lumière est parfaite et l'horizon offre à l'appareil une grande liberté d'expression. Nous nous remettons en route et nous dirigeons vers notre premier sommet : le Hohneck. Sur le chemin, nous rencontrons plusieurs petits groupes montants et descendant de la montagne.

Le coin est très fréquenté. Nous commençons nous-mêmes à escalader la pente menant jusqu'en haut lorsque nous sommes dépassés par un groupe, non de randonneurs, mais de sapeurs-pompiers ! Possédant tout le matériel nécessaire à un sauvetage en montagne, ils sont à peu près une douzaine et nous distancent assez vite. Bientôt, nous ne les voyons plus du tout. Il faut dire qu'ils doivent être bien entraînés ! Nous continuons notre route, et tout en montant, nous admirons le paysage qui se façonne autour de nous.


Le Honeck

 
Cela donne l'impression de marcher sur un fil suspendu dans les airs. Les montagnes nous entourent et déploient leur beauté à des kilomètres à la ronde. Une fois parvenus au sommet, nous rejoignons le chalet (fermé à cette époque de l'année) et nous asseyons sur un gros rocher. L'heure est à la pause. Nous respirons l'air pur régnant en haut de cette tour blanche et y grappillons le moindre de ses battements. Merveilleux ! Le ciel est dégagé, et de là où nous sommes, nous pouvons contempler à loisir une partie des Alpes et de la forêt noire. Apparemment, nous avons de la chance d'assister à un tel spectacle. En effet, quelqu'un nous informe qu'il est rare en cette heure matinale de voir ce paysage d'ici.

Deux tables d'orientation nous invitent à observer les caractéristiques du panorama. Ici vue vers le sud sur le Grand Ballon. Bien sûr, nous sommes ravis ! Nous profitons de ce moment unique, puis repartons cette fois-ci à la rencontre du Kastelberg. Il est le quatrième plus haut sommet du massif des Vosges avec 1 350 mètres d'altitude. Nous continuons donc notre marche et profitons des rayons du soleil qui nous réchauffent la peau. Nous suivons la pente descendante et une fois tout en bas, il ne nous reste plus qu'à remonter. Le sommet du Kastelberg nous attend.


Le Honeck

 

Une fois en haut, nous rencontrons plusieurs personnes faisant du speed riding. C'est impressionnant : leurs parachutes semblent donner des ailes à leurs skis ! De là-haut, nous apercevons une piste où skieurs et fans de luge se croisent. Nous apercevons également le petit Hohneck qui du haut de « sa petite stature » nous paraît aussi grand que son homonyme. L'endroit est idéal pour faire la pause déjeuner. Nous nous trouvons un coin et savourons nos pâtes avec délectation. Certes, nous aurions préféré un repas chaud, mais nous n'avons pas le choix ! Il faut dire que rester figé sur un sommet le temps d'un repas est plus qu'il n'en faut pour trembler de froid.

 
Un chocard se pose, non loin de nous, guettant l'horizon. L'odeur de la nourriture l'aura sûrement attiré.  Nous prenons quelques photos et reprenons la route du Hohneck. Et alors que nous rebroussons chemin, nous remarquons une nappe de brouillard à notre gauche et derrière nous. Vite, nous accélérons-le pas. Mais quelques minutes plus tard, nous voilà noyés dans la brume. Nous ne voyons presque plus rien. Heureusement, le chalet du Hohneck est encore visible. Nous longeons la corniche ou ce qui semble en être une. Nous nous éloignons le plus possible du bord. Nos lunettes, que nous sommes obligés de mettre, se recouvrent de glace et nos cheveux commencent à geler. Je sors mon bonnet afin de ne pas me faire des cheveux blancs avant l'âge. Le chalet est méconnaissable.

C'est à peine si on le reconnaît. Tout à l'heure, il était juste fermé. Maintenant, il paraît abandonné. Le soleil a disparu laissant place à un chaos glacé. Nous redescendons le Hohneck avec prudence et marchons en direction de la Schlucht. Mais nous ne parvenons à retrouver le chemin et tournons en rond pendant un long moment. Nous ne savons quelle direction prendre jusqu'au moment où nous tombons sur un groupe de randonneurs. Nous les suivons un moment, espérant qu'il nous mèneront au bon endroit. Au bout d'un moment, nous commençons à douter sérieusement du bien-fondé de notre démarche, voire de notre marche tout court !

Nous arrêtons donc de les suivre. Un peu plus loin, nous tombons sur d'autres randonneurs qui semble-t-il étaient là au début de notre périple. Nous nous renseignons auprès d'eux, puis suivons leurs indications. Il y a plus de neige qu'à notre départ. Nous n'avons pas l'impression d'être sur la bonne voie, mais nous continuons tout de même. Enfin, après vingt bonnes minutes de marche, nous tombons sur un téléphérique. Nous allons voir le gardien qui nous conseille de suivre la piste de ski. Ainsi, nous arriverons directement à la station de la Schlucht. Nous suivons donc sa suggestion qui s'avère la meilleure étant donné le mauvais temps. La pluie nous guette. Une demi-heure après, nous voilà tout en bas. Il pleut maintenant ! Vite, nous enlevons nos raquettes et rejoignons la voiture. Le massif du Hohneck est maintenant derrière nous. Ses sommets enneigés brilleront dans notre souvenir comme les mots dans un livre dont on ne peut tourner la page.


Le Honeck


 
Nous garons la voiture au parking du lac noir. Quel spectacle  ! De toute sa hauteur, la montagne nous contemple. Parsemée de sapins enneigés, elle resplendit, telle une étoile dans le ciel. Nous admirons encore un moment cet écrin au sein duquel repose une eau prisonnière de la glace, puis nous dirigeons vers le petit pont menant à notre chemin de randonnée.

Plusieurs panneaux nous indiquent la direction à suivre  : le tour du lac noir nous fait grimper d'emblée. Nous ne mettons pas nos raquettes tout de suite, la neige n'étant pas encore très présente. Il faudra attendre un peu avant qu'elle ne se montre tout à fait.

Et en effet, cette dernière ne se fait pas tarder, et une fois plus en haut, il nous est impossible de continuer sans nos raquettes. Notre pied s'enfonce d'au moins trente centimètres, il est donc préférable de les mettre. Cela est notre première expérience  : preuve en sont les innombrables fois où Robin y perd son équilibre  !


Le Lac Noir

 
Mais une fois habitués, nous découvrons qu'il est beaucoup plus facile d'évoluer dans la neige avec des raquettes que sans. Le sol est recouvert d'un tapis d'une blancheur sans pareille. Nous y glissons, comme si le vent nous portait. Nous nous abandonnons à la sérénité qui se dégage de cet endroit. Le calme y est absolu. Les flocons, tombés là auparavant, ont effacé le bruit rocailleux des vieilles pierres que l'on foule et a nimbé l'horizon d'une douceur joyeusement sépulcrale.

Nous escaladons pas à pas la grande colline, sous les feux irradiants d'un silence tranquille. Parfois, l'un d'entre nous laisse échapper un rire, une parole, perçant ainsi l'atmosphère hivernale d'un souffle d'air chaud, tel un calorifère chauffant un théâtre.

Une fois au sommet, nous nous attardons sur la beauté du paysage. Le ciel, découvert, nous laisse entrevoir une cuve étincelante bordée d'arbres séculaires. L'air y est rafraîchissant, les odeurs de pins enivrantes et la vue superbe. Un instant d'éternité. Nous apercevons également l'usine hydroélectrique du lac. Très impressionnant.


Le Lac Noir

 
Nous continuons notre marche, et ne tardons pas à redescendre de la montagne vers le lac noir, l'heure avançant à grand pas, et l'obscurité lui pressant le pas. Et alors que nous sommes en train de quitter les sommets enneigés, un bruit nous interpelle.

Silencieux, nous regardons en direction du bruit, et c'est avec une immense surprise que nous voyons, non loin de nous, un animal on ne peut plus charmant  : un chamois  ! Nous sommes sans voix, jamais nous n'aurions cru avoir la chance de pouvoir en observer un. Et voilà qu'un deuxième descend en courant la pente rocheuse de la montagne, puis un troisième  ! Décidément, c'est un retour plein de surprises.

Le Lac Noir

Nous reprenons notre route, et rejoignons les sentiers pierreux. Bientôt nous voici de nouveau au pied de la montagne. Avant de repartir, nous l'admirons une dernière fois  : nous nous imaginons au sommet, contemplant le lac noir et ses profondeurs glacées. Nous nous imaginons princes de l'immense forêt qui se déroule à nos pieds...secrètement...secrètement.


Le Lac Noir


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