Road Trip Bretagne et Normandie en juin 2015 - Robscilla

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Road-Trip en Bretagne & Normandie  
Randonnée, visites, découvertes...
Juin 2015

Itinéraire de notre parcours :

Jour 1 : Départ + Visite de Dinan
Jour 2 : Randonnée au Cap Fréhel + Visite de l'Abbaye maritime de Beauport
Jour 3 : Randonnée à l'île de Bréhat
Jour 4 : Randonnée à Ploumanac'h + Visite de Morlaix
Jour 5 : Visite du château de Trévarez + Visite de Saint-Malo
Jour 6 : Visite d'Étretat + Visite de Fécamp






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Jour 1 : Départ + Visite de Dinan

 
Notre périple en terre celte débute avec la visite de la belle ville fortifiée de Dinan. Nous entrons dans la ville intra-muros afin d’y découvrir la beauté d’un passé encore bien présent !  
Un écho ancestral résonne sous nos pas, les pavés nous guidant vers un passé dont les maisons à pans de bois, les remparts et les édifices religieux telle que la basilique Saint-Sauveur sont autant de témoins séculaires. Nous nous promenons au milieu des souvenirs d’autrefois… Le plus beau et le plus fascinant est sans aucun doute ces maisons à encorbellement qui assombrissent presque entièrement certaines ruelles déjà pour le moins étroites ! Nous découvrons également d’anciennes maisons dont le rez-de-chaussée comportait des boutiques. On peut le voir à leurs ouvroirs fermés lorsque nous y sommes passés sur lesquels les marchands disposaient leurs marchandises. Les clients restaient donc à l’extérieur de la boutique.


Dinan

 
Nous nous éloignons du centre historique pour rejoindre le centre-ville où nous tombons sur une charmante librairie de laquelle nous ne repartirons pas les mains vides ; Robin ayant déniché un très beau livre relatant plusieurs histoires d’explorateurs du siècle dernier et moi-même ayant craqué pour Le roi Arthur et les chevaliers de la Table ronde (Bretagne oblige !!!)

 
Nous revenons doucement vers le centre historique de Dinan où nous admirons une dernière fois maisons à colombages, façades du 18e siècle et nous régalons de pâtisseries faites maison !
Le soleil n’était pas au rendez-vous (et ce sera la seule journée de la semaine sans soleil), mais le ciel ombragé n’a eu pour effet que rendre Dinan plus mystérieuse encore, nous livrant ses confidences…secrètement…

Jour 2 : Randonnée au Cap Fréhel + Visite de l'Abbaye maritime de Beauport

 
Après une bonne nuit de sommeil, avec en vue l’une des plus belles criques naturelles de Plévenon, où nous aurons la chance d’assister à un magnifique coucher de soleil, nous nous garons sur le parking de l’école à proximité de la mairie de Plévenon. Et de là, nous commençons ce qui allait être la plus belle randonnée de la semaine. Entre landes et tourbières, le Cap Fréhel découvre toute sa beauté. Nous longeons la côte, cheminant dans des décors de plus en plus rocheux et de plus en plus fleuris. Sous nos pieds, la mer d’un bleu aux inflexions de braise nous berce de son chant marin.


Cap Fréhel

 
De temps à autre, nous nous approchons au plus près afin de la contempler dans toute son immensité et en tendant l’oreille, nous croyons déceler des chants cristallins provenant des fonds marins. Vite, nous nous éloignons, de peur d’être par trop attirés par ces vocalises fantomatiques ! Nous sommes seuls sur les sentiers escarpés et profitons de cette solitude pour rêver. Le phare est en vue, il est le premier point de chute de notre randonnée. Une fois à ses pieds, nous quittons la solitude des falaises et gagnons le flot de touristes arrivés en autocar. Heureusement, et ce malgré le monde, le calme reste de mise, tous admirent le Cap Fréhel en silence. Les goélands planent au-dessus de nos têtes et autour du phare imposant, qui est tout de même l’un des 5 phares français les plus puissants (sa lanterne porte à plus de 53 kms !).

Après une petite pause, nous reprenons notre route et continuons de longer la côte, mais cette fois-ci, nous nous dirigeons non plus vers un phare, mais vers un fort ! Et non pas des moindres, car il s’agit du Fort La Latte ! Nous le voyons déjà de loin (en tout petit bien sûr comme dirait Fabrizio dans son paquebot !) et c’est le cœur palpitant que nous avançons vers ce château né au milieu de la mer. Nous sommes plusieurs à présent sur le sentier (bien que très peu nombreux !) à tanguer sous un soleil étincelant (qui a dit qu’il pleuvait en Bretagne ???). Vite, l’ombre du fort se rapproche, et là malheureusement pour s’en approcher il faudra payer !


Cap Fréhel

 
C’est ce que nous découvrons à nos dépens. Las, nous passons notre chemin. Fort heureusement, un peu plus loin, l’horizon nous offre un beau point de vue sur la pointe et nous pouvons donc admirer la bête sur son cap rocheux ! La suite se déroulera exactement comme le reste, une mer bleue digne des mers du sud, un soleil resplendissant jetant des rais de lumière entre les pins donnant au paysage un air de méditerranée.

Après cinq heures de marche, nous regagnons les terres et, le vague à l’âme quittons cette terre au relief tourmenté pour rejoindre l’abbaye maritime de Beauport (commune de Paimpol).

 
Nous entrons dans l’ancienne abbaye datant du XIIIe siècle, et errons entre voûtes et colonnes de granit, guettant le souvenir d’un prieur dans l’ombre du cloître. Des feuillets, dispersés un peu partout sur le site, permettent aux visiteurs d’apprendre l’histoire de ce beau monument.

 
Connaissez-vous l’histoire de Mériadek de Goëlo ? Ce comte qui avait deux fils, Gwill et Isselbert, tous deux rongés par une avarice démesurée, si bien qu’un jour, ils décidèrent de piller l’abbaye de Beauport ! Mais les moines s’étant trop bien défendu, les deux fils se vengèrent de n’avoir pu avoir ce qu’ils avaient espéré et brûlèrent la forêt du monastère. Leur père, outré, décida de les enfermer. Mais Gwill et Isselbert réussirent à s’évader et n’eurent plus qu’une chose en tête : se venger de leur père ! Apeuré, Mériadek partit se réfugier à l’abbaye de Beauport ; mais ses deux fils réussirent à y pénétrer et n’y trouvant point leur père pendirent tous les moines qui leur lancèrent une malédiction céleste juste avant de mourir. Quant à leur père, il était en fait caché dans un souterrain reliant l’abbaye à Bréhat, lui et le trésor de l’abbaye ! Que s’est-il passé ensuite ? Nous le découvrirons une fois sur l’ile en question !

Nous errons entre les murs tremblants et résonnants encore de cette tragédie, tels deux fantômes, dans un silence quasi sépulcral. Nous nous rendons à l’hostellerie, où l’on accueillait autrefois les pèlerins, puis nous dirigeons vers le cellier où, dans un froid glacial, nous tombons sur des tonneaux, restes évanescents plus spiritueux que spirituels… Nos pas nous conduisent ensuite vers l’aumônerie où nous nous imaginons les moines en robe de bure recevoir l’impôt sur le sel et les grains avant de rejoindre la salle d’accueil, anciennement salle des hôtes.
Nous quittons à présent les vestiges d’un temps révolu, ses jardins de roses et ses arcatures pour Ploubazlanec où nous passerons la nuit aux côtés d’un couple charmant habitant « une maison qui bouge » tirée par trois beaux chevaux. Une bien belle roulotte !


Jour 3 : Randonnée à l'île de Bréhat


 
Nous nous apprêtons à quitter le continent, afin de rejoindre la très renommée île de Bréhat. Nous nous rendons donc à la pointe de l’Arcouest où se situe l’embarcadère et grimpons d’un pas leste dans la vedette de 8h15 ! Après une traversée de dix minutes, la marée basse nous offre un ponton de 800 mètres à traverser avant de rejoindre le 1er embarcadère (il y en a trois en tout !) que nous aurons la chance de prendre au retour grâce à la marée haute.

Nous entrons dans le bourg et parcourons les ruelles bordées de murets de pierre, croisant de temps à autre quelques locaux promenant leur chien ou vaquant à leurs occupations. Il est encore tôt et la horde de touristes n’est pas encore là. Nous avons encore un peu de temps avant que la tranquillité de l’île ne soit troublée. Ici, point de voitures, seulement quelques tracteurs transportant des marchandises d’origines diverses.

Île de Bréhat


Île de Bréhat

 
Sur la petite place, quelques restaurants, quelques commerces et loueurs de vélos. L’île de Bréhat se réveille, dévoilant ses manoirs, ses villas, ses plages et ses anciens monastères qui offrent au regard des visiteurs une vision charmante et romanesque de cette île minuscule de trois kilomètres de long et un kilomètre de large ! Nous décidons ensuite de partir en direction du phare du paon. Nous traversons le fameux pont reliant le nord et le sud de l’île de Bréhat, cette dernière étant coupée en deux ! Nous traversons des paysages changeants, de petits champs et quelques pâtures sur lesquels vivent paisiblement moult troupeaux de bovins. Enfin, après une longue marche, nous découvrons le phare, dominant l’espace alentour, perché sur ses rochers de granit rose.

Vous vous souvenez de l’histoire du comte de Mériadek et de ses deux fils, Gwil et Isselbert ? Gwill et Isselbert débarquèrent sur l’île et trouvèrent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, leur père, Mériadek du Goëlo, qui voulut se sauver à leur approche, mais qui fut ralenti par l’or qu’il traînait avec lui. Ses deux fils le rattrapèrent bientôt et l’assassinèrent ! Ils récupérèrent l’or et jetèrent le corps de leur père au niveau du gouffre du phare de Paon ! Mais avant même qu’ils aient pu fêter leur macabre victoire, ils furent pétrifiés sur place et changés en énormes rochers roses, le sang de leur père les ayant recouverts (d’où la couleur des rochers) tandis qu’un gouffre sans fond se formait autour d’eux !

Nous décidons de faire une pause, entourés des nombreux goélands habitant sur le site. Nous préférons l’herbe aux rochers de peur de s’asseoir sur Gwill ou Isselbert. Nous préférons nous tenir éloignés d’eux ! Désormais, nous ne sommes plus seuls, d’autres vedettes ont débarqué entre-temps, et les visiteurs se pressent à présent aux portes du phare. Nous remontons l’escalier en granite et en ciment, avant de suivre une sorte de rampe équipée d’un parapet dont un tronçon a été partiellement détruit par les dernières tempêtes. Là-haut, nous jouissons d’un superbe panorama sur l’archipel et la côte déchiquetée ! De petites criques se forment entre les rochers et nous donnent une furieuse envie de nous baigner ! Après le phare, nous prenons la direction du moulin à marée du Birlot.

Nous faisons donc demi-tour et retraversons le pont reliant les deux parties séparées de l’ile. Le moulin se trouve sur la côte occidentale du sud de l’île. Ce qui est intéressant avec ce moulin, c’est de comprendre son fonctionnement. En fait, il se sert de la marée pour remplir l’étang qui lui sert de réserve d’eau. Quand on y pense, un moulin à marée est bien pratique, car un moulin à vent peut avoir trop de vent ou pas assez, tandis qu’un moulin à eau, de rivière par exemple, peut venir à en manquer si la rivière est asséchée. Un moulin à marée est quant à lui assurer de manière constante d’avoir de l’eau (selon la marée qui est elle-même prévisible).

Enfin, nous arpentons les ruelles de l’île une dernière fois avant de rejoindre le premier embarcadère. Ouf ! La marée est haute, et les 800 mètres de ponton traversé le matin même ne sont plus visibles ! Nous montons dans la vedette de 12h15 et quittons l’île, le vague à l’âme !


Jour 4 : Randonnée à Ploumanac'h + Visite de Morlaix

Nous voguons désormais vers l’ancienne cité épiscopale de Tréguier dont nous comptons visiter le centre historique. Nous nous garons sur le parking faisant face à l’entrée de la vieille ville. Deux maisons à pans de bois s’écartent pour nous laisser pénétrer dans la cité. Celle de gauche est classée Monument historique ! À droite, nous rencontrons une bouquinerie et jetons un œil aux caisses de livres d’occasion prenant l’air sur la devanture de la boutique tandis que nous sentons la bonne odeur des crêpes venant d’en face. La montée vers le centre n’est pas de tout repos, car la pente est raide, comme l’indique un témoignage de 1885 :


Ploumanac'h

 
« […] Ses rues sont raides, son pavé fatigant. […] ». C’est pour dire ! Nous déambulons dans les petites rues où se côtoient commerces et ateliers d’artistes. Nous passons devant la maison natale d’Ernest Renan transformé en musée. Puis nous débouchons sur une place, où nous décidons de nous restaurer. Nous choisissons une crêperie au hasard (il y a du choix !) et nous nous régalons d’une crêpe poire, chocolat, chantilly agrémenté d’une boule glace vanille absolument délicieuse ! Hé oui ! C’est aussi ça la Bretagne ! Il faut bien goûter à la gastronomie locale…

Nous repartons, la peau du ventre bien tendue, et prenons cette fois la direction de Louannec où nous passerons la nuit avant d’entamer notre excursion sur la fameuse côte de granit rose.

Nous entamons notre randonnée du jour, après nous être garés sur la place de la chapelle de la clarté à Perros-Guirec. Neuf kilomètres nous attendent, environ trois heures de marche. Et il fait chaud ! Très chaud ! Nous montons facilement à 30 degrés !  . Nous rencontrons assez rapidement le moulin à vent du Crac’ch qui malheureusement n’est pas visitable. Apparemment, il aurait été construit en 1927 et aurait été restauré en 1986. En tout cas, c’est fascinant de voir ses grandes ailes déployées, bien qu’immobiles. Nous continuons notre route, sous un soleil ardent, et rejoignons bientôt le sémaphore. Puis, au lieu de traverser la départementale, nous descendons directement vers le sentier des douaniers depuis lequel nous croyons partir en direction du chaos de roches roses tandis que nous nous dirigeons en fait vers la plage de Trestaou. Nous nous apercevons de notre erreur après 45 minutes de marche ! Nous revenons sur nos pas et 45 minutes plus tard, nous revoilà à notre point de départ. Nous sommes sur le sentier des douaniers et cette fois-ci au lieu de partir à droite, nous partons vers la gauche ! Côte de granit rose en vue !!!


Ploumanac'h


 
Nous laissons notre imagination prendre son envol en passant devant tous ces rochers de granit qui tantôt nous font penser à des poissons, à des têtes de tortues ou à d’autres choses plus incongrues les unes que les autres ! Le décor est fascinant. La seule chose que nous regretterons, c’est le côté trop touristique (trop de monde, sentiers aménagés qui ne laissent pas suffisamment de place à la nature sauvage de l’endroit). La lande se mêle aux rochers de granit rose, qui sont autant de silhouettes surréalistes dans un décor insolite ! Certes, nous n’y trouvons pas la sérénité du Cap Fréhel ni la beauté sauvage de ses lieux, mais la côte de granit rose nous offre un univers chaotique impressionnant et unique en son genre.

Enfin, nous rejoignons le phare de Ploumanac’h, dernier vestige graniteux avant de retourner vers la chapelle de la clarté.
En route pour Morlaix !

Morlaix : Église Sainte-Mélaine et Maison dite de la Duchesse Anne

 
Morlaix n’était pas une destination de choix à la base, mais nous avions très envie de visiter La maison dite de la Duchesse Anne, ce pourquoi nous avons décidé d’y faire un saut. Avant de la rejoindre, nous passons par l’église de Saint Melaine, perchée au sommet d’un large escalier non loin du viaduc. C’est par là que nous entrerons dans le centre historique (moins marqué qu’à Dinan, Tréguier ou  Locronan). L’église qui date du 15e siècle est très belle. Ses plafonds sont ornés d’une voûte céleste magnifiquement peinte.

Le firmament flotte sur nos têtes tandis que nous admirons les statues et la très belle fresque des cinq évangélistes provenant de la mythologie chrétienne. Derrière l’église, nous apercevons des escaliers qui grimpent jusqu’un panorama (c’est le sentier des Venelles). Nous préférons nous diriger vers la Maison dite de la Duchesse Anne. Pour cela, nous flânons à travers la vieille ville de Morlaix, où de temps à autre nous croisons quelques maisons médiévales et maisons du 16e siècle aux couleurs vives qui nous mèneront jusqu’à la place des otages. Puis direction la place Allende, où la maison de la Duchesse Anne trône au milieu des autres maisons séculaires. À l’intérieur, une guide nous la présente comme étant une maison à lanterne : la lanterne se rapportant à la cour intérieure haute de seize mètres contenant une imposante cheminée et un escalier magnifiquement ouvragé menant aux nombreux étages qu’elle illumine, car c’est elle qui permet à la lumière d’entrer dans la maison. Malheureusement, celle-ci étant en restauration, nous ne pourrons visiter que cette fameuse cour intérieure et monter au 1er étage  dont nous ne pourrons voir que le couloir et une chambre dans laquelle nous ne pourrons pas entrer.

Ceci dit, la maison est unique en son genre (quoique les maisons à lanterne pullulent à Morlaix), mais celle-ci, avec son escalier en chêne et sa colonne d’une hauteur de onze mètres, avec ses saints protecteurs sculptés à même le bois mérite toute l’attention ! Rappelons quand même que cette colonne est faite d’un seul tronc d’arbre, ce qui est fascinant !

Nous remercions chaleureusement la guide en partant et quittons la ville portuaire pour l’intérieur des terres : la forêt légendaire de Huelgoat !


Jour 5 : Huelgoat + Locronan + Visite du château de Trévarez + Visite de Saint-Malo


Huelgoat


 
Les huelgoatins nous accueillent dans leur charmante ville sous un ciel bleu azur et un soleil éclatant ! Nous ne nous attardons pas, désirant ardemment gagner l’ombre et la fraîcheur des derniers vestiges de l’antique Brocéliande… et de ses légendes !

Nous commençons notre balade en enfer, où le diable nous attend, tapi dans l’ombre de sa tanière. La grotte du diable est accessible par une échelle assez raide qui nous mène tout droit au cœur du chaos ! C’est glissant, c’est humide, mais il y fait frais et l’eau bouillonnant entre les roches de granit vaut vraiment le coup d’œil ! Tout est exactement comme la légende ! Nous passons devant 99 auberges où des fées nous proposent à chaque fois du vin ! Il faut dire que passer devant 99 auberges, où une fée vous propose un bon verre de vin à chaque halte est très tentant lorsque le soleil est à son zénith une journée comme celle-ci ! Mais ne voulant pas encourir la damnation éternelle, nous refusons poliment, et ce 99 fois ! Avant de sortir, le diable, mécontent de notre sobriété, nous lance un défi : aller jusqu’à la roche tremblante et essayer de la bouger !

 
Nous acceptons le pari, à contrecœur, nos âmes sont gagées, nous nous devons de réussir ! Une fois devant, nous commençons sérieusement à douter de notre bon sens. En effet, comment réussir à faire bouger une pierre pesant plus de 137 tonnes ??? Mais nous n’avons pas le choix ! Nos âmes sont en jeu… Nous nous approchons de la roche et poussons de toutes nos forces, dos face à elle… et ô surprise ! La roche se met à trembler ! Huelgoat est vraiment une forêt pleine de surprises ! Ravis, nous entendons un hurlement sinistre provenant de la grotte. Vite, nous nous éloignons avant que le diable ne s’empare de nos âmes sans notre consentement !

Nous nous réfugions au ménage de la Vierge. Ici, nous  ne craignons plus le courroux du diable, puisque nous sommes désormais dans l’ancienne maison de la Vierge Marie. Et tandis que nous flânons entre chaudrons et marmites, un son mélodieux parvient jusqu’à nos oreilles : de la harpe ! Quelqu’un joue de la harpe ! Il faut dire qu’entendre jouer de la harpe en plein milieu d’une forêt sonne assez féerique ! Et je pense qu’en effet, ce sont les fées qui sous la mousse jouent de leurs instruments avec une grâce à nulle autre pareille ! Les fées sont partout, voguant sur la rivière d’argent, apparaissant et disparaissant à leur guise ! D’ailleurs, nous n’allons pas tarder à disparaître nous aussi, car il faut bien terminer cette journée, le beau petit village médiéval de Locronan nous attend ! Kenavo diables et fées !

Locronan


 
Bienvenue dans la petite cité de caractère qu’est Locronan ! Tout d’abord, un petit conseil, tous les parkings étant payants, garez-vous non loin du rond-point qui se trouve juste avant l’entrée du village Il y a un petit parking un peu caché qui lui est gratuit et se trouve à 5 minutes seulement du village ! Locronan, qui est considéré comme l’un des plus beaux villages de France, a tout de même été élevé au rang de ville par Anne de Bretagne en 1505, venue en pèlerinage dans l’espoir, dit-on, d’avoir des enfants.

D’ailleurs, elle aurait offert un calice sur lequel est inscrit son prénom et qu’on peut voir à l’église St Ronan, parmi d’autres reliquaires. Les bâtisses se succèdent plus belles et plus anciennes les unes que les autres entraînant dans leur sillage une flopée de boutiques-souvenirs et de restaurants. Nous profitons du calme qui précède la tempête (il est encore tôt, les autobus ne sont pas encore arrivés) pour visiter les ruelles de Locronan tout à notre aise.

C’est avec un immense plaisir que nous rencontrons Messieurs McTavish et McGregor, deux cousins chats de notre cher Ireno resté dans le nord, se frottant sur nos jambes et roulant par terre, autant de témoignages de leur affection ! Les demeures Renaissance donnent au village un côté intemporel, nous laissant pantois d’admiration. Nous n’avons jamais un village aussi bien conservé ! Nous apprenons que des films historiques y ont été tournés, ce qui n’est guère étonnant, comme le Tess de Roman Polanski et Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ! Nous visitons quelques boutiques et achetons quelques souvenirs (bonbons Bretons, cidre rose, caramels beurre salé…) puis, après un dernier coup d’œil, repartons, des étoiles plein les yeux et la sensation d’avoir remonté le temps !


Château de Trévarez


 
Nous continuons notre remontée dans le temps, et passons du XVIe siècle au XXe siècle. Imaginez, un château de conte de fées niché au cœur d’un parc de 85 hectares comprenant jardins et serres, bassins et fontaines, écuries et potagers….bombardé par la Royal Air Force !!! À l’intérieur du château, nous assistons, impuissants, au bombardement de ce pauvre château de Trévarez investi par la Kommandantur ! Dans chaque pièce, des panonceaux illustrent le lustre d’antan, vestiges d’un passé révolu. Des colonnes de marbre se dressent encore fièrement, témoignages de ce que fut le château lorsqu’il était encore vivant, habité. Nous montons le grand escalier et découvrons une petite pièce servant aux domestiques dans laquelle ces derniers se pressaient d’aller chercher de l’eau chaude pour les invités tout en restant discrets. C’est étonnant de voir à quel point on faisait tout pour cacher les coulisses. Des portes servaient également à cacher les allées et venues des domestiques, qui telles des silhouettes fantomatiques remplissaient leur rôle à merveille. Ils sont là, mais on ne les voit pas. Telle pourrait être la devise des gens de la haute.

Plus loin, nous découvrons, fascinés, la salle d’eau dans laquelle trônent deux bassins (un pan de mur les séparait autrefois) conçus spécialement pour les invités. Des sortes de termes à l’ancienne. D’ailleurs, l’intérieur du château ressemble parfois à un temple grec (termes, fresques, colonnes…) Ces « salles d’eau » ne faisaient apparemment pas l’unanimité à l’époque, car si certains appréciaient volontiers leur configuration, d’autres les trouvaient froides et impersonnelles ! Il est dommage de voir tant de merveilles dégradées, mais il est également très intéressant de visiter un tel endroit.


Château de Trévarez

 
C’est là qu’on se rend compte à quel point le faste eut rapidement laissé place à la désolation. Du reste, on ne peut qu’applaudir les efforts fournis des artisans et autres restaurateurs du travail qu’ils ont accompli afin de rendre au château sa beauté d’antan, sans trop en gardant intact son historique.

La seule chose que nous regretterons, c’est cet immense zigzag d’argent sortant tout droit de l’imagination d’un « artiste » contemporain venant défigurer un pan de notre Histoire….

À chacun sa vision des choses !

Le parc attenant au château n’est pas en reste. Se succèdent inlassablement hortensias, camélias, andromèdes et rhododendrons, jardins à la française, jardins japonais, sculptures, bassins et même un splendide cadran solaire qui vous transporteront directement au 19e siècle ! Il n’est pas difficile, dans ces allées d’arbres exotiques, d’imaginer quelques dames en robe grecque, la joue raffinée cachée sous l’ombrelle, flânant et s’attardant sur leurs amours passés. Le parc est immense, et j’avoue que nous n’avons tout visité par manque de temps. Mais de ce qu’on en a vu, ce domaine vaut vraiment la peine qu’on le visite.


Jour 6 : Visite d'Etretat + Visite de Fécamp


Étretat

 
Bon je sais, vous allez dire : elle exagère, tout ne peut pas être payant…Encore ! Mais si ! Toutes les places à Etretat sont payantes : chaque parking, chaque rue dans le moindre recoin est payant ! Le seul endroit où vous pouvez vous garer est un parking situé en sortie de la fameuse station balnéaire vers le Havre. Et ça fait une belle trotte jusqu’au centre de la ville ! Heureusement pour nous, nous sommes tombés par hasard sur le parking d’un stade situé non loin du Clos Lupin. Avait-on le droit d’y stationner ? Nous avons tenté et nous avons bien eu raison ! À bon entendeu


Étretat


 
Nous nous dirigeons vers le centre et découvrons des merveilles d’architecture ! D’abord, les Halles… Magnifique ! À l’intérieur, on y trouve des boutiques, artisans et marchands exposant leurs produits locaux. Le bâtiment à lui seul vaut le détour avec son clocher pointu et sa façade rougeoyante. Plus loin, nous tombons nez à nez avec une bâtisse impressionnante tant par sa taille que par sa beauté intemporelle ! Le manoir de la Salamandre, abritant désormais un hôtel de caractère, nous transporte au Moyen-Age avec ses fenêtres à croisillons, ses nombreux étages et ses colombages. Une bien belle bâtisse ! Nous continuons d’avancer et nous retrouvons bientôt à la plage.

Et ses fameuses falaises ! La falaise d’Amont et la falaise d’Aval « que Maupassant comparaît à un éléphant plongeant  sa trompe dans la mer ». Sans oublier la fameuse aiguille d’Etretat qui contiendrait le plus fabuleux trésor jamais imaginé selon les dires d’un certain Arsène Lupin. Maurice Leblanc se sera en effet inspiré de cette ville et de ses falaises pour son roman L’aiguille creuse. D’ailleurs, nous ne tardons pas à partir à la rencontre de cet auteur et de son gentleman cambrioleur en revenant sur nos pas. La maison de Maurice Leblanc (le Clos Lupin) nous entraine dans un dédale de souvenirs à l’aide d’un audioguide à travers lequel l’auteur nous souhaite la bienvenue avant de céder la parole à son personnage. Tout d’abord, le cabinet de travail de M. Leblanc dans lequel Arsène Lupin prend forme, puis le repaire du personnage lui-même qui après le cabinet de travail prend vie ?


Fécamp

 
Nous ne sommes donc plus chez Maurice Leblanc, mais chez Arsène Lupin ! Ses tableaux, ses postiches, ses capes et ses chapeaux, ses conquêtes féminines, ses amis, et ses multiples personnalités, tout y est ! Nous déambulons dans les couloirs secrets d’un gentleman cambrioleur, dans lesquels plane un indicible mystère…
Puis nous quittons la maison par le jardin aux pelouses bordées de rosiers… Attendez une seconde ! Je ne retrouve plus ma bague ! Et mes boucles d’oreille ont disparu ! Sacré Lupin ! Il ne s’arrête donc jamais !

Fécamp : Palais Bénédictine

 
Nous poursuivons notre aventure normande jusqu’à Fécamp… dont nous sommes littéralement tombés amoureux ! Fécamp se fend d’une atmosphère toute particulière (du moins, pour nous) et ce n’est certainement pas pour rien que cette glorieuse cité normande s’est vu décerner le label « Ville et pays d’art et d’histoire » !

Tout d’abord, sachez qu’il est beaucoup plus facile de se garer à Fécamp qu’à Etretat (ce qui est déjà un très bon point en soi !). Nous nous sommes garés sur le parking du Casino juste en face de la plage. Parfait ! Nous remplissons notre sac de notre pitance (il est bientôt midi) et partons en quête d’un endroit où manger. Et quoi de mieux que la plage pour cela ? Alors certes, le temps est plus venteux qu’en Bretagne et la mer bien plus déchaînée (ce qui n’est pas pour nous déplaire), mais nous descendons sur la plage de galets jusqu’à une sorte de cuvette, où nous serons protégés du vent. Un goéland vole au-dessus de nos têtes pendant que nous nous régalons d’un festin digne des plus grands : une boîte de tagliatelles et leurs boules de viandes accompagnées de chips aux saveurs exotiques ! L’air marin nous enveloppe de sa douceur iodée et le bruit du ressac sur les galets sonne à nos oreilles comme un chant mélodieux. Quoi de mieux ? Nous remontons ensuite jusqu’au port, nous octroyant avant de le rallier, une petite promenade sur les pontons qui ravissent notre cœur ! La mer aux reflets bleutés passe juste sous nos pieds tandis que le phare nous appelle à lui. La vue est imprenable. À notre droite, des falaises où de petits escaliers donnent accès au sommet de celles-ci, une chapelle et des maisons y ont fait leur nid. Au loin, nous entendons une corne de brume. C’est sont les sirènes qui attirent les marins dans leur filet en leur indiquant, avec leur voix lointaine, des obstacles imaginaires afin de les amener là où ils ne devraient pas être !

Les pauvres ! Et les bateaux se succèdent, voguant vers l’immensité qui causera leur perte…ou pas ! Nous rejoignons le port de plaisance composé de cinq bassins ans lesquels flottent des navires de toutes tailles et de tous horizons ! Puis, nous gagnons le centre afin d’atteindre les portes du Palais Bénédictine. La bâtisse est splendide avec son architecture d’inspiration néo-gothique qui donne une impression d’élan vers le haut, renforcée par l’escalier central semblant mener au ciel. Malheureusement, nous ne pourrons la visiter, car elle n’est pas encore ouverte à cette heure-là et nous devons, avec regret, quitter ce magnifique coin de paradis pour rentrer chez nous.

Mais nous reviendrons ! À tantôt belle Normandie !
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